
Le week-end du 10 au 12 juillet 2026 a eu lieu le « Verbier-Saint-Bernard by UTMB ».
Quelques coureurs d’Evian Off Course avaient coché cette course dans leur agenda, bien décidés pour certains à n’y pas faire que de la figuration.
6 « énergumènes » du groupe Compétition Hors Stade étaient présents au départ de la course la plus longue, la Verbier X-Alpine, qui consiste en une boucle de 140km au départ de Verbier, traversant différentes vallées et le col du Grand-Saint-Bernard. Un sacré challenge reçu 6 sur 6 pour ces « félés du dénivelés » ! Cerises sur le gâteau, 3 d’entre eux dans le TOP 8 et 3 podiums par catégorie !
- 6° scratch : Jules Henry en 22h49’55’ – 2° M 20-34
- 8°scratch : Thomas Callens (3° M35-39) et Florentin Picq (3° M20-34) en 23h15’18’’
- Arnaud Jost / 68°scratch en 31h22’48’’
- Antoine Maxence / 114° scratch en 34h27’51’’
- Jérôme D’Ambrosio / 133° scratch en 36h07’47’’

Les 6 énergumènes prêts à en découdre !
Trois autres courses plus courtes suivaient la dernière partie de l’X-Alpine et permettaient de découvrir les plus beaux sites de la région, pour elles aussi finir à Verbier :
La Verbier X-traversée (77km – 5100 D+ )
Aurélien Giraudon DNF (des soucis récurrents de ventre non résolus qui traînent malheureusement, trail terminé en hypo au tiers du parcours…) « Allez Aurélien, ce n’est que partie remise ! »
Le Verbier Marathon (43km – 3000 D+)
Charles-André Poète / 56° scratch / 6h05’45’’
Pierre Gay / 09h23’23’’
Sophie Leboulleux / 09h35’09’’
Elodie Cosnier / 11h54’37’’
Carole Boissenin DNF (Entorse de la cheville au 15ème km… )
« Courage Carole, tu n’en reviendras que plus forte !! »
La Verbier X plore (28km – 1700 D+) / pas de représentants EOC

Recueils d’impressions…
Quel bonheur !
« J’ai pris beaucoup de plaisir sur cette X-Alpine. C’est un des plus beaux trails que j’ai eu à faire ( Si ce n’est le plus beau !!!) ! Il a fallu gérer les orages, la pluie, la grêle en plus de la difficulté du parcours. J’ai partagé la première nuit avec Jérôme et Maxence, on formait un beau trio ! La course a commencé à devenir difficile mentalement à partir de Bourg-Saint- Pierre et la montée vers Panossière a vraiment été difficile. Mais quel bonheur de franchir cette ligne d’arrivée ! Le trail nous procure toujours beaucoup d’émotions, et encore plus quand on vient à bout d’une X-Alpine ! »
Arnaud Jost – 31h22’48 – X Alpine – 140km/9000D+

« Allez Jérôme, ce ne sont que quelques cailloux … »
« C’était vraiment TOP !! de partir en groupe de Verbier avec une belle ambiance d’avant course ! Tout de suite après le départ, deux groupes de coureurs EOC se formaient : les « cadors » avec Jules,Thomas et Florentin, puis les coureurs dits « plus ordinaires » Arnaud, Maxence et moi-même.
Les jambes sont bonnes au départ et nous évoluons rapidement sur les sentiers asséchés des contreforts de Verbier. Pendant la première partie de nuit, nos frontales éclairent les nuages de poussière soulevés par les coureurs qui nous précédent. Je me retrouve vite en bas de la première grande descente à Sembrancher puis on attaque la montée direction Cabane d’Orny via Champex. Nous dépassons beaucoup de coureurs sur la montée pour arriver non sans mal à la cabane tant attendue. La descente est plutôt rapide et j’ai rendez-vous à La Fouly avec mon assistant (Seb mon compère d’entraînement du job). On attaque donc après 12h de course et sous un beau soleil le col de Fenêtre via les lacs. Malheureusement le beau temps ne dure pas et en abordant la descente qui mène au Grand Saint Bernard, les premières averses nous surprennent. Je suis également pris dans des bouchons sur un passage technique … 45 minutes de perdues… le moral en prend un coup. De plus, sous la tente du Saint-Bernard, l’orage s’intensifie. Le doute s’installe dans ma tête et je me demande s’il ne serait pas plus sage d’abandonner… Mais non, ça ne se fait pas de jeter l’éponge pour un peu de pluie ! J’enfile tous mes vêtements puis sors du ravito. Allez, Je rejoindrai l’arrivée coûte que coûte, doucement mais sûrement. Et c’est une longue rando qui commence, la performance passe au second plan et j’avance ravito après ravito… Bourg- Saint-Pierre, Mille, la cabane Brunet, la cabane Panossière à 2700 mètres en milieu de nuit… De drôles de formes apparaissent au bord du sentier pendant cette seconde nuit de course mais la stratégie caféine fonctionne plutôt bien. Je n’ai pas de très gros coups de barre, seulement 2 micro-siestes de 10 minutes chacune. Le jour se lève sur Lourtier et je me dis que ça y est, je vais le faire !! Je monte comme je peux le dernier mur en m’aidant des compagnons de fin de course trouvés pour l’occasion. Les 6 derniers kilomètres de descente semblent longs mais ça y est, enfin Verbier !! J’arrive avec les encouragements, je suis FINISHER !
L’émotion est là, fier de l’avoir fait car seulement 41,5 % des partants y sont parvenus.
A J+5 je vais bien, encore un peu de fatigue mais pas de bobos. Malgré cela je suis un peu déçu du chrono réalisé. Sur le coup, je disais « plus jamais d’ultra » mais maintenant, passé le feu de l’émotion, je me dis pourquoi pas réessayer pour faire une course pleine ! »
Jérôme D’Ambrosio – 36h07’47’’– X Alpine – 140km/9000D+

« Même pas peur ! même pas fatigués ! »
« Pour ma part, la course a été incroyable à vivre et trop cool d’avoir pris le départ avec cette équipe d’EOC. Avec un départ à 22h que j’affectionne beaucoup, la nuit avec cette première montée et ce serpent de frontale nous met directement dedans. Arrive cette première longue descente avec Jules et Thomas, où l’on avait dit « tranquille », j’avoue que j’ai dû en mettre un peu plus que prévu pour pouvoir les suivre. Première partie bien chaude jusqu’ à Champex, je suis déjà trempé. La partie suivante jusqu’à Orny puis la Fouly, il fait plus frais chacun a pris son rythme mais nous arrivons encore ensemble où une assistance de choc nous attend.
La suite, c’est une autre course qui commence… premier problème digestif et respiratoire en arrivant au col de la Fenêtre, puis le grand Saint-Bernard, le col des Chevaux s’enchaînent jusqu’à Bourg-saint-Pierre et le gros ravito. Jules est parti dans cette dernière descente. Avec Thomas, à tour de rôle on se motive et on se tire. Direction la cabane de Mille, premier orage qui nous aura bien refroidis mais qui pour ma part m’aura fait du bien. On continue … Brunet, Panossière, deuxième orage avec la traversée de la Parcelle (génial), puis cette longue descente jusqu’à Lourtier. Ça fait déjà un peu, que le cerveau est débranché et que l’on avance à l’envie. À Lourtier, l’assistance nous annonce « 9 et 10 », on n’a pas le droit de lâcher maintenant. On repart, le couteau entre les dents, Merci à Thomas dans cette dernière partie pour m’avoir emmené sur son porte-bagage ! Une arrivée dans Verbier et ce finish à deux, 8ème … mais surtout encore une super aventure humaine !
Florentin Picq – 23h15’18’’– 8ème scratch – X Alpine – 140km/9000D+ – Une belle perf !

« Jules et sa garde rapprochée ! »
Patience, résistance et résilience.
Km 46 : le jour se lève sur la glacier d’Orny, les pics apparaissent, on évolue dans un décor lunaire, et magique… je reste concentré sur la descente.
Depuis plus d’une vingtaine d’années la X-Alpine s’inscrit dans les ultras en montagnes les plus coriaces à terminer. On décompte 58% d’abandons cette année encore.
Je resterai marqué par ce tracé, un mythe à boucler :
Le pierrier de la cabane d’Orny, les lacs de Fenêtre, Le Col du Grand St Bernard, la Cabane Panossière plongeant sur le glacier, bref un sacré shoot de montagne !
Un seul mot d’ordre pour cette épreuve : Ne surtout pas sous-estimer l’ampleur de l’effort car dans tous les cas la montagne nous remet à notre place.
Il paraissait nécessaire de tracer son chemin tranquille mais d’avancer avec l’envie de comprendre ses propres limites. Le process en place, la prépa relativement adaptée à l’objectif, j’avais un espoir d’atteindre ce petit sub 23h.
KM 101 : Je me répétais sans cesse tant que ça souriait, tout va bien ! Garder cette positive vibe sans se poser trop de questions et continuer sa route. Je comprends à ce moment-là que le mental se lie directement à l’effort
Des petites larmes d’émotions m’envahissent car je me sens bien, heureux, vivant.
Énorme big up à ma Mel Rse
grâce à une logistique bien préparée, des mots aux bons moments et un boost de réconfort, l’aventure s’est rendue magique ![]()
Il existe quelque chose de génial et finalement apaisant dans l’ultra endurance : c’est qu’on y trouve une forme de routine avec la stratégie nutritionnelle, le rythme à adopter, tout cela pour aller au bout réside finalement dans la simplicité ![]()
Jules Henry – X-Alpine / 6° scratch
/ 140k – 9200m+ / 22h49 Un sacré shoot !
« Ah ! T’es déjà douché !! »
« Le gros objectif de l’année après 2 ans sans course de 100 miles. On part avec une belle équipe EOC de 6 alignés sur cette x-alpine. Le plan est écrit mais on sait qu’en ultra tout peut basculer. Deux grosses différences par rapport à mes autres 100 miles : une reco intégrale du parcours effectuée 1 mois avant et les amis de Florentin pour faire l’assistance, donc on part « léger ».
Le départ est donné à 22h. Je n’aime pas forcément ces horaires de départ car la journée d’avant est interminable et on sait qu’on part pour 24h d’effort sans dormir. Premier point de passage, on est parti un poil vite. Le sentier est très poussiéreux. On arrive à Sembrancher un peu en avance sur nos temps mais on a respecté la première règle de faire la première longue descente au frein à main. Avant Champex, je lutte un peu contre le sommeil mais un coup d’assistance et ça repart. On connaît la longue montée vers Orny, on sait qu’on doit gérer notamment l’altitude pour ne pas se cramer. Flo est devant, Jules avec moi. Dans la descente je rejoins Flo et Jules nous rattrapera juste avant La Fouly. Premier gros arrêt au lever du soleil et on repart tranquillement. La deuxième partie de la montée au lac Fenêtre est un calvaire…sommeil, problème pour bien respirer, on se pose 5min au lac avant de finir le col. Pour rejoindre le Grand Saint Bernard l’orga a changé le parcours…Jules qui était parti devant s’est trompé et nous rejoint à ce moment. On arrive encore tous les 3 au Grand-Saint-Bernard. Je me pose sur un banc, j’ai envie de dormir. La forme ne revient pas…en montant au Pas des chevaux je pense même à faire demi-tour pour retourner au Grand Saint-Bernard mais en regardant vers le haut je vois que Flo et Jules (qui s’est encore perdu !) ne sont pas si loin et je sais que je pourrai les reprendre dans la descente. De nouveau tous les 3, Jules accélère dans la descente. On ne le reverra qu’à Bourg-Saint-Pierre rapidement et ensuite à l’arrivée. Bourg-Saint-Pierre, gros arrêt avec l’assistance. On n’aura plus d’assistance jusqu’à Lourtier donc pendant environ 6h30. Au départ de ma base de vie, le ciel se charge…on va s’en prendre une…pas loupé! A mi chemin entre Bourg-Saint-Pierre et la cabane de Mille c’est le déluge. On est trempé. Je sais que ça va être problématique au niveau des pieds, j’avais déjà souffert pendant la reco. Cabane de Mille, arrêt salutaire, et après on arrive dans une portion que j’adore : single qui se court presque tout le temps. Ça permet de relancer après 100 km. Flo me donne le rythme ensuite dans la montée à la cabane de Panossière sous un nouvel orage. On ne traîne pas en haut, il fait froid. Flo laisse son cerveau là-haut et je pars bon pied, bon rythme avec lui sur le porte bagage jusqu’à Lourtier. On retrouve Thomas et Manu qui faisaient notre assistance à Fionnay. Ils sont montés en vélo et nous motivent pour la portion de route jusqu’au ravito. On nous annonce 9 et 10 au ravito. J’ai les pieds défoncés mais pas de chaussures ou chaussettes de rechange dans le sac de l’assistance qui a dû venir à pied. On débranche le cerveau. Il reste 12km. On sait que le mur de Lourtier doit se gérer. 700 m/h D+, pas plus vite. On voit le bout. La descente c’est une formalité, il reste 6km. J’annonce les difficultés à Flo, on se booste, sans le vouloir, on rattrape et double la première féminine à 2km de l’arrivée. On est 8 ème. Je le dis à Flo mais à ce moment je pense qu’il m’entendait parler en Thaïlandais. On arrive dans Verbier, on n’a pas rallumé la frontale , c’était l’objectif. On a plus d’une heure d’avance sur ce qu’on avait prévu. On a réussi à courir ensemble du début à la fin avec chacun ses hauts et ses bas mais on s’est tiré vers le haut! Charles est à l’entrée de Verbier. C’est le feu ! On descend plein fer vers la ligne d’arrivée qu’on franchi main dans la main. Tout le monde est là ! Jules est douché 😅. On est tellement content de ce qu’on a fait mais on se promet de ne pas refaire de 100miles de sitôt (on sait que c’est faux on va vite reprendre un dossard !) …..
Thomas Callens – X-Alpine / 8° scratch ex-aequo/ 140k – 9200m+ / 23h15 …Une belle perf !
« Yes ! Finisheuse !!! »
« Coucou ! Me voilà finisher du trail le plus dur que j’ai jamais réalisé !!! C’était très alpin, très exigeant, probablement trop pour moi !! Mais c’était de loin la « balade » la plus grandiose que je n’ai jamais faite 🤩🤩 ! Une performance sportive sans doute pas terrible ( Il n’y a que très peu de monde après moi 😅😅 , mais beaucoup d’abandons ceci dit !) mais je suis très fière d’être finisher parce que c’était vraiment dur !! Je suis allée au bout de moi-même ! Ceci dit, le cadre incroyable fait (vite) oublier les douleurs ! J’ai aussi pris 2 beaux orages mais au moins, je n’ai pas souffert de la chaleur 😅😅 ! »
Elodie Cosnier – 11h54’37’’ – Verbier Marathon

« Alors, heureux ? » THE END…

Le week-end du 10 au 12 juillet 2026 a eu lieu le « Verbier-Saint-Bernard by UTMB ».
Quelques coureurs d’Evian Off Course avaient coché cette course dans leur agenda, bien décidés pour certains à n’y pas faire que de la figuration.
6 « énergumènes » du groupe Compétition Hors Stade étaient présents au départ de la course la plus longue, la Verbier X-Alpine, qui consiste en une boucle de 140km au départ de Verbier, traversant différentes vallées et le col du Grand-Saint-Bernard. Un sacré challenge reçu 6 sur 6 pour ces « félés du dénivelés » ! Cerises sur le gâteau, 3 d’entre eux dans le TOP 8 et 3 podiums par catégorie !
- 6° scratch : Jules Henry en 22h49’55’ – 2° M 20-34
- 8°scratch : Thomas Callens (3° M35-39) et Florentin Picq (3° M20-34) en 23h15’18’’
- Arnaud Jost / 68°scratch en 31h22’48’’
- Antoine Maxence / 114° scratch en 34h27’51’’
- Jérôme D’Ambrosio / 133° scratch en 36h07’47’’

Les 6 énergumènes prêts à en découdre !
Trois autres courses plus courtes suivaient la dernière partie de l’X-Alpine et permettaient de découvrir les plus beaux sites de la région, pour elles aussi finir à Verbier :
La Verbier X-traversée (77km – 5100 D+ )
Aurélien Giraudon DNF (des soucis récurrents de ventre non résolus qui traînent malheureusement, trail terminé en hypo au tiers du parcours…) « Allez Aurélien, ce n’est que partie remise ! »
Le Verbier Marathon (43km – 3000 D+)
Charles-André Poète / 56° scratch / 6h05’45’’
Pierre Gay / 09h23’23’’
Sophie Leboulleux / 09h35’09’’
Elodie Cosnier / 11h54’37’’
Carole Boissenin DNF (Entorse de la cheville au 15ème km… )
« Courage Carole, tu n’en reviendras que plus forte !! »
La Verbier X plore (28km – 1700 D+) / pas de représentants EOC

Recueils d’impressions…
Quel bonheur !
« J’ai pris beaucoup de plaisir sur cette X-Alpine. C’est un des plus beaux trails que j’ai eu à faire ( Si ce n’est le plus beau !!!) ! Il a fallu gérer les orages, la pluie, la grêle en plus de la difficulté du parcours. J’ai partagé la première nuit avec Jérôme et Maxence, on formait un beau trio ! La course a commencé à devenir difficile mentalement à partir de Bourg-Saint- Pierre et la montée vers Panossière a vraiment été difficile. Mais quel bonheur de franchir cette ligne d’arrivée ! Le trail nous procure toujours beaucoup d’émotions, et encore plus quand on vient à bout d’une X-Alpine ! »
Arnaud Jost – 31h22’48 – X Alpine – 140km/9000D+

« Allez Jérôme, ce ne sont que quelques cailloux … »
« C’était vraiment TOP !! de partir en groupe de Verbier avec une belle ambiance d’avant course ! Tout de suite après le départ, deux groupes de coureurs EOC se formaient : les « cadors » avec Jules,Thomas et Florentin, puis les coureurs dits « plus ordinaires » Arnaud, Maxence et moi-même.
Les jambes sont bonnes au départ et nous évoluons rapidement sur les sentiers asséchés des contreforts de Verbier. Pendant la première partie de nuit, nos frontales éclairent les nuages de poussière soulevés par les coureurs qui nous précédent. Je me retrouve vite en bas de la première grande descente à Sembrancher puis on attaque la montée direction Cabane d’Orny via Champex. Nous dépassons beaucoup de coureurs sur la montée pour arriver non sans mal à la cabane tant attendue. La descente est plutôt rapide et j’ai rendez-vous à La Fouly avec mon assistant (Seb mon compère d’entraînement du job). On attaque donc après 12h de course et sous un beau soleil le col de Fenêtre via les lacs. Malheureusement le beau temps ne dure pas et en abordant la descente qui mène au Grand Saint Bernard, les premières averses nous surprennent. Je suis également pris dans des bouchons sur un passage technique … 45 minutes de perdues… le moral en prend un coup. De plus, sous la tente du Saint-Bernard, l’orage s’intensifie. Le doute s’installe dans ma tête et je me demande s’il ne serait pas plus sage d’abandonner… Mais non, ça ne se fait pas de jeter l’éponge pour un peu de pluie ! J’enfile tous mes vêtements puis sors du ravito. Allez, Je rejoindrai l’arrivée coûte que coûte, doucement mais sûrement. Et c’est une longue rando qui commence, la performance passe au second plan et j’avance ravito après ravito… Bourg- Saint-Pierre, Mille, la cabane Brunet, la cabane Panossière à 2700 mètres en milieu de nuit… De drôles de formes apparaissent au bord du sentier pendant cette seconde nuit de course mais la stratégie caféine fonctionne plutôt bien. Je n’ai pas de très gros coups de barre, seulement 2 micro-siestes de 10 minutes chacune. Le jour se lève sur Lourtier et je me dis que ça y est, je vais le faire !! Je monte comme je peux le dernier mur en m’aidant des compagnons de fin de course trouvés pour l’occasion. Les 6 derniers kilomètres de descente semblent longs mais ça y est, enfin Verbier !! J’arrive avec les encouragements, je suis FINISHER !
L’émotion est là, fier de l’avoir fait car seulement 41,5 % des partants y sont parvenus.
A J+5 je vais bien, encore un peu de fatigue mais pas de bobos. Malgré cela je suis un peu déçu du chrono réalisé. Sur le coup, je disais « plus jamais d’ultra » mais maintenant, passé le feu de l’émotion, je me dis pourquoi pas réessayer pour faire une course pleine ! »
Jérôme D’Ambrosio – 36h07’47’’– X Alpine – 140km/9000D+

« Même pas peur ! même pas fatigués ! »
« Pour ma part, la course a été incroyable à vivre et trop cool d’avoir pris le départ avec cette équipe d’EOC. Avec un départ à 22h que j’affectionne beaucoup, la nuit avec cette première montée et ce serpent de frontale nous met directement dedans. Arrive cette première longue descente avec Jules et Thomas, où l’on avait dit « tranquille », j’avoue que j’ai dû en mettre un peu plus que prévu pour pouvoir les suivre. Première partie bien chaude jusqu’ à Champex, je suis déjà trempé. La partie suivante jusqu’à Orny puis la Fouly, il fait plus frais chacun a pris son rythme mais nous arrivons encore ensemble où une assistance de choc nous attend.
La suite, c’est une autre course qui commence… premier problème digestif et respiratoire en arrivant au col de la Fenêtre, puis le grand Saint-Bernard, le col des Chevaux s’enchaînent jusqu’à Bourg-saint-Pierre et le gros ravito. Jules est parti dans cette dernière descente. Avec Thomas, à tour de rôle on se motive et on se tire. Direction la cabane de Mille, premier orage qui nous aura bien refroidis mais qui pour ma part m’aura fait du bien. On continue … Brunet, Panossière, deuxième orage avec la traversée de la Parcelle (génial), puis cette longue descente jusqu’à Lourtier. Ça fait déjà un peu, que le cerveau est débranché et que l’on avance à l’envie. À Lourtier, l’assistance nous annonce « 9 et 10 », on n’a pas le droit de lâcher maintenant. On repart, le couteau entre les dents, Merci à Thomas dans cette dernière partie pour m’avoir emmené sur son porte-bagage ! Une arrivée dans Verbier et ce finish à deux, 8ème … mais surtout encore une super aventure humaine !
Florentin Picq – 23h15’18’’– 8ème scratch – X Alpine – 140km/9000D+ – Une belle perf !

« Jules et sa garde rapprochée ! »
Patience, résistance et résilience.
Km 46 : le jour se lève sur la glacier d’Orny, les pics apparaissent, on évolue dans un décor lunaire, et magique… je reste concentré sur la descente.
Depuis plus d’une vingtaine d’années la X-Alpine s’inscrit dans les ultras en montagnes les plus coriaces à terminer. On décompte 58% d’abandons cette année encore.
Je resterai marqué par ce tracé, un mythe à boucler :
Le pierrier de la cabane d’Orny, les lacs de Fenêtre, Le Col du Grand St Bernard, la Cabane Panossière plongeant sur le glacier, bref un sacré shoot de montagne !
Un seul mot d’ordre pour cette épreuve : Ne surtout pas sous-estimer l’ampleur de l’effort car dans tous les cas la montagne nous remet à notre place.
Il paraissait nécessaire de tracer son chemin tranquille mais d’avancer avec l’envie de comprendre ses propres limites. Le process en place, la prépa relativement adaptée à l’objectif, j’avais un espoir d’atteindre ce petit sub 23h.
KM 101 : Je me répétais sans cesse tant que ça souriait, tout va bien ! Garder cette positive vibe sans se poser trop de questions et continuer sa route. Je comprends à ce moment-là que le mental se lie directement à l’effort
Des petites larmes d’émotions m’envahissent car je me sens bien, heureux, vivant.
Énorme big up à ma Mel Rse
grâce à une logistique bien préparée, des mots aux bons moments et un boost de réconfort, l’aventure s’est rendue magique ![]()
Il existe quelque chose de génial et finalement apaisant dans l’ultra endurance : c’est qu’on y trouve une forme de routine avec la stratégie nutritionnelle, le rythme à adopter, tout cela pour aller au bout réside finalement dans la simplicité ![]()
Jules Henry – X-Alpine / 6° scratch
/ 140k – 9200m+ / 22h49 Un sacré shoot !
« Ah ! T’es déjà douché !! »
« Le gros objectif de l’année après 2 ans sans course de 100 miles. On part avec une belle équipe EOC de 6 alignés sur cette x-alpine. Le plan est écrit mais on sait qu’en ultra tout peut basculer. Deux grosses différences par rapport à mes autres 100 miles : une reco intégrale du parcours effectuée 1 mois avant et les amis de Florentin pour faire l’assistance, donc on part « léger ».
Le départ est donné à 22h. Je n’aime pas forcément ces horaires de départ car la journée d’avant est interminable et on sait qu’on part pour 24h d’effort sans dormir. Premier point de passage, on est parti un poil vite. Le sentier est très poussiéreux. On arrive à Sembrancher un peu en avance sur nos temps mais on a respecté la première règle de faire la première longue descente au frein à main. Avant Champex, je lutte un peu contre le sommeil mais un coup d’assistance et ça repart. On connaît la longue montée vers Orny, on sait qu’on doit gérer notamment l’altitude pour ne pas se cramer. Flo est devant, Jules avec moi. Dans la descente je rejoins Flo et Jules nous rattrapera juste avant La Fouly. Premier gros arrêt au lever du soleil et on repart tranquillement. La deuxième partie de la montée au lac Fenêtre est un calvaire…sommeil, problème pour bien respirer, on se pose 5min au lac avant de finir le col. Pour rejoindre le Grand Saint Bernard l’orga a changé le parcours…Jules qui était parti devant s’est trompé et nous rejoint à ce moment. On arrive encore tous les 3 au Grand-Saint-Bernard. Je me pose sur un banc, j’ai envie de dormir. La forme ne revient pas…en montant au Pas des chevaux je pense même à faire demi-tour pour retourner au Grand Saint-Bernard mais en regardant vers le haut je vois que Flo et Jules (qui s’est encore perdu !) ne sont pas si loin et je sais que je pourrai les reprendre dans la descente. De nouveau tous les 3, Jules accélère dans la descente. On ne le reverra qu’à Bourg-Saint-Pierre rapidement et ensuite à l’arrivée. Bourg-Saint-Pierre, gros arrêt avec l’assistance. On n’aura plus d’assistance jusqu’à Lourtier donc pendant environ 6h30. Au départ de ma base de vie, le ciel se charge…on va s’en prendre une…pas loupé! A mi chemin entre Bourg-Saint-Pierre et la cabane de Mille c’est le déluge. On est trempé. Je sais que ça va être problématique au niveau des pieds, j’avais déjà souffert pendant la reco. Cabane de Mille, arrêt salutaire, et après on arrive dans une portion que j’adore : single qui se court presque tout le temps. Ça permet de relancer après 100 km. Flo me donne le rythme ensuite dans la montée à la cabane de Panossière sous un nouvel orage. On ne traîne pas en haut, il fait froid. Flo laisse son cerveau là-haut et je pars bon pied, bon rythme avec lui sur le porte bagage jusqu’à Lourtier. On retrouve Thomas et Manu qui faisaient notre assistance à Fionnay. Ils sont montés en vélo et nous motivent pour la portion de route jusqu’au ravito. On nous annonce 9 et 10 au ravito. J’ai les pieds défoncés mais pas de chaussures ou chaussettes de rechange dans le sac de l’assistance qui a dû venir à pied. On débranche le cerveau. Il reste 12km. On sait que le mur de Lourtier doit se gérer. 700 m/h D+, pas plus vite. On voit le bout. La descente c’est une formalité, il reste 6km. J’annonce les difficultés à Flo, on se booste, sans le vouloir, on rattrape et double la première féminine à 2km de l’arrivée. On est 8 ème. Je le dis à Flo mais à ce moment je pense qu’il m’entendait parler en Thaïlandais. On arrive dans Verbier, on n’a pas rallumé la frontale , c’était l’objectif. On a plus d’une heure d’avance sur ce qu’on avait prévu. On a réussi à courir ensemble du début à la fin avec chacun ses hauts et ses bas mais on s’est tiré vers le haut! Charles est à l’entrée de Verbier. C’est le feu ! On descend plein fer vers la ligne d’arrivée qu’on franchi main dans la main. Tout le monde est là ! Jules est douché 😅. On est tellement content de ce qu’on a fait mais on se promet de ne pas refaire de 100miles de sitôt (on sait que c’est faux on va vite reprendre un dossard !) …..
Thomas Callens – X-Alpine / 8° scratch ex-aequo/ 140k – 9200m+ / 23h15 …Une belle perf !
« Yes ! Finisheuse !!! »
« Coucou ! Me voilà finisher du trail le plus dur que j’ai jamais réalisé !!! C’était très alpin, très exigeant, probablement trop pour moi !! Mais c’était de loin la « balade » la plus grandiose que je n’ai jamais faite 🤩🤩 ! Une performance sportive sans doute pas terrible ( Il n’y a que très peu de monde après moi 😅😅 , mais beaucoup d’abandons ceci dit !) mais je suis très fière d’être finisher parce que c’était vraiment dur !! Je suis allée au bout de moi-même ! Ceci dit, le cadre incroyable fait (vite) oublier les douleurs ! J’ai aussi pris 2 beaux orages mais au moins, je n’ai pas souffert de la chaleur 😅😅 ! »
Elodie Cosnier – 11h54’37’’ – Verbier Marathon

« Alors, heureux ? » THE END…

Le week-end du 10 au 12 juillet 2026 a eu lieu le « Verbier-Saint-Bernard by UTMB ».
Quelques coureurs d’Evian Off Course avaient coché cette course dans leur agenda, bien décidés pour certains à n’y pas faire que de la figuration.
6 « énergumènes » du groupe Compétition Hors Stade étaient présents au départ de la course la plus longue, la Verbier X-Alpine, qui consiste en une boucle de 140km au départ de Verbier, traversant différentes vallées et le col du Grand-Saint-Bernard. Un sacré challenge reçu 6 sur 6 pour ces « félés du dénivelés » ! Cerises sur le gâteau, 3 d’entre eux dans le TOP 8 et 3 podiums par catégorie !
- 6° scratch : Jules Henry en 22h49’55’ – 2° M 20-34
- 8°scratch : Thomas Callens (3° M35-39) et Florentin Picq (3° M20-34) en 23h15’18’’
- Arnaud Jost / 68°scratch en 31h22’48’’
- Antoine Maxence / 114° scratch en 34h27’51’’
- Jérôme D’Ambrosio / 133° scratch en 36h07’47’’

Les 6 énergumènes prêts à en découdre !
Trois autres courses plus courtes suivaient la dernière partie de l’X-Alpine et permettaient de découvrir les plus beaux sites de la région, pour elles aussi finir à Verbier :
La Verbier X-traversée (77km – 5100 D+ )
Aurélien Giraudon DNF (des soucis récurrents de ventre non résolus qui traînent malheureusement, trail terminé en hypo au tiers du parcours…) « Allez Aurélien, ce n’est que partie remise ! »
Le Verbier Marathon (43km – 3000 D+)
Charles-André Poète / 56° scratch / 6h05’45’’
Pierre Gay / 09h23’23’’
Sophie Leboulleux / 09h35’09’’
Elodie Cosnier / 11h54’37’’
Carole Boissenin DNF (Entorse de la cheville au 15ème km… )
« Courage Carole, tu n’en reviendras que plus forte !! »
La Verbier X plore (28km – 1700 D+) / pas de représentants EOC

Recueils d’impressions…
Quel bonheur !
« J’ai pris beaucoup de plaisir sur cette X-Alpine. C’est un des plus beaux trails que j’ai eu à faire ( Si ce n’est le plus beau !!!) ! Il a fallu gérer les orages, la pluie, la grêle en plus de la difficulté du parcours. J’ai partagé la première nuit avec Jérôme et Maxence, on formait un beau trio ! La course a commencé à devenir difficile mentalement à partir de Bourg-Saint- Pierre et la montée vers Panossière a vraiment été difficile. Mais quel bonheur de franchir cette ligne d’arrivée ! Le trail nous procure toujours beaucoup d’émotions, et encore plus quand on vient à bout d’une X-Alpine ! »
Arnaud Jost – 31h22’48 – X Alpine – 140km/9000D+

« Allez Jérôme, ce ne sont que quelques cailloux … »
« C’était vraiment TOP !! de partir en groupe de Verbier avec une belle ambiance d’avant course ! Tout de suite après le départ, deux groupes de coureurs EOC se formaient : les « cadors » avec Jules,Thomas et Florentin, puis les coureurs dits « plus ordinaires » Arnaud, Maxence et moi-même.
Les jambes sont bonnes au départ et nous évoluons rapidement sur les sentiers asséchés des contreforts de Verbier. Pendant la première partie de nuit, nos frontales éclairent les nuages de poussière soulevés par les coureurs qui nous précédent. Je me retrouve vite en bas de la première grande descente à Sembrancher puis on attaque la montée direction Cabane d’Orny via Champex. Nous dépassons beaucoup de coureurs sur la montée pour arriver non sans mal à la cabane tant attendue. La descente est plutôt rapide et j’ai rendez-vous à La Fouly avec mon assistant (Seb mon compère d’entraînement du job). On attaque donc après 12h de course et sous un beau soleil le col de Fenêtre via les lacs. Malheureusement le beau temps ne dure pas et en abordant la descente qui mène au Grand Saint Bernard, les premières averses nous surprennent. Je suis également pris dans des bouchons sur un passage technique … 45 minutes de perdues… le moral en prend un coup. De plus, sous la tente du Saint-Bernard, l’orage s’intensifie. Le doute s’installe dans ma tête et je me demande s’il ne serait pas plus sage d’abandonner… Mais non, ça ne se fait pas de jeter l’éponge pour un peu de pluie ! J’enfile tous mes vêtements puis sors du ravito. Allez, Je rejoindrai l’arrivée coûte que coûte, doucement mais sûrement. Et c’est une longue rando qui commence, la performance passe au second plan et j’avance ravito après ravito… Bourg- Saint-Pierre, Mille, la cabane Brunet, la cabane Panossière à 2700 mètres en milieu de nuit… De drôles de formes apparaissent au bord du sentier pendant cette seconde nuit de course mais la stratégie caféine fonctionne plutôt bien. Je n’ai pas de très gros coups de barre, seulement 2 micro-siestes de 10 minutes chacune. Le jour se lève sur Lourtier et je me dis que ça y est, je vais le faire !! Je monte comme je peux le dernier mur en m’aidant des compagnons de fin de course trouvés pour l’occasion. Les 6 derniers kilomètres de descente semblent longs mais ça y est, enfin Verbier !! J’arrive avec les encouragements, je suis FINISHER !
L’émotion est là, fier de l’avoir fait car seulement 41,5 % des partants y sont parvenus.
A J+5 je vais bien, encore un peu de fatigue mais pas de bobos. Malgré cela je suis un peu déçu du chrono réalisé. Sur le coup, je disais « plus jamais d’ultra » mais maintenant, passé le feu de l’émotion, je me dis pourquoi pas réessayer pour faire une course pleine ! »
Jérôme D’Ambrosio – 36h07’47’’– X Alpine – 140km/9000D+

« Même pas peur ! même pas fatigués ! »
« Pour ma part, la course a été incroyable à vivre et trop cool d’avoir pris le départ avec cette équipe d’EOC. Avec un départ à 22h que j’affectionne beaucoup, la nuit avec cette première montée et ce serpent de frontale nous met directement dedans. Arrive cette première longue descente avec Jules et Thomas, où l’on avait dit « tranquille », j’avoue que j’ai dû en mettre un peu plus que prévu pour pouvoir les suivre. Première partie bien chaude jusqu’ à Champex, je suis déjà trempé. La partie suivante jusqu’à Orny puis la Fouly, il fait plus frais chacun a pris son rythme mais nous arrivons encore ensemble où une assistance de choc nous attend.
La suite, c’est une autre course qui commence… premier problème digestif et respiratoire en arrivant au col de la Fenêtre, puis le grand Saint-Bernard, le col des Chevaux s’enchaînent jusqu’à Bourg-saint-Pierre et le gros ravito. Jules est parti dans cette dernière descente. Avec Thomas, à tour de rôle on se motive et on se tire. Direction la cabane de Mille, premier orage qui nous aura bien refroidis mais qui pour ma part m’aura fait du bien. On continue … Brunet, Panossière, deuxième orage avec la traversée de la Parcelle (génial), puis cette longue descente jusqu’à Lourtier. Ça fait déjà un peu, que le cerveau est débranché et que l’on avance à l’envie. À Lourtier, l’assistance nous annonce « 9 et 10 », on n’a pas le droit de lâcher maintenant. On repart, le couteau entre les dents, Merci à Thomas dans cette dernière partie pour m’avoir emmené sur son porte-bagage ! Une arrivée dans Verbier et ce finish à deux, 8ème … mais surtout encore une super aventure humaine !
Florentin Picq – 23h15’18’’– 8ème scratch – X Alpine – 140km/9000D+ – Une belle perf !

« Jules et sa garde rapprochée ! »
Patience, résistance et résilience.
Km 46 : le jour se lève sur la glacier d’Orny, les pics apparaissent, on évolue dans un décor lunaire, et magique… je reste concentré sur la descente.
Depuis plus d’une vingtaine d’années la X-Alpine s’inscrit dans les ultras en montagnes les plus coriaces à terminer. On décompte 58% d’abandons cette année encore.
Je resterai marqué par ce tracé, un mythe à boucler :
Le pierrier de la cabane d’Orny, les lacs de Fenêtre, Le Col du Grand St Bernard, la Cabane Panossière plongeant sur le glacier, bref un sacré shoot de montagne !
Un seul mot d’ordre pour cette épreuve : Ne surtout pas sous-estimer l’ampleur de l’effort car dans tous les cas la montagne nous remet à notre place.
Il paraissait nécessaire de tracer son chemin tranquille mais d’avancer avec l’envie de comprendre ses propres limites. Le process en place, la prépa relativement adaptée à l’objectif, j’avais un espoir d’atteindre ce petit sub 23h.
KM 101 : Je me répétais sans cesse tant que ça souriait, tout va bien ! Garder cette positive vibe sans se poser trop de questions et continuer sa route. Je comprends à ce moment-là que le mental se lie directement à l’effort
Des petites larmes d’émotions m’envahissent car je me sens bien, heureux, vivant.
Énorme big up à ma Mel Rse
grâce à une logistique bien préparée, des mots aux bons moments et un boost de réconfort, l’aventure s’est rendue magique ![]()
Il existe quelque chose de génial et finalement apaisant dans l’ultra endurance : c’est qu’on y trouve une forme de routine avec la stratégie nutritionnelle, le rythme à adopter, tout cela pour aller au bout réside finalement dans la simplicité ![]()
Jules Henry – X-Alpine / 6° scratch
/ 140k – 9200m+ / 22h49 Un sacré shoot !
« Ah ! T’es déjà douché !! »
« Le gros objectif de l’année après 2 ans sans course de 100 miles. On part avec une belle équipe EOC de 6 alignés sur cette x-alpine. Le plan est écrit mais on sait qu’en ultra tout peut basculer. Deux grosses différences par rapport à mes autres 100 miles : une reco intégrale du parcours effectuée 1 mois avant et les amis de Florentin pour faire l’assistance, donc on part « léger ».
Le départ est donné à 22h. Je n’aime pas forcément ces horaires de départ car la journée d’avant est interminable et on sait qu’on part pour 24h d’effort sans dormir. Premier point de passage, on est parti un poil vite. Le sentier est très poussiéreux. On arrive à Sembrancher un peu en avance sur nos temps mais on a respecté la première règle de faire la première longue descente au frein à main. Avant Champex, je lutte un peu contre le sommeil mais un coup d’assistance et ça repart. On connaît la longue montée vers Orny, on sait qu’on doit gérer notamment l’altitude pour ne pas se cramer. Flo est devant, Jules avec moi. Dans la descente je rejoins Flo et Jules nous rattrapera juste avant La Fouly. Premier gros arrêt au lever du soleil et on repart tranquillement. La deuxième partie de la montée au lac Fenêtre est un calvaire…sommeil, problème pour bien respirer, on se pose 5min au lac avant de finir le col. Pour rejoindre le Grand Saint Bernard l’orga a changé le parcours…Jules qui était parti devant s’est trompé et nous rejoint à ce moment. On arrive encore tous les 3 au Grand-Saint-Bernard. Je me pose sur un banc, j’ai envie de dormir. La forme ne revient pas…en montant au Pas des chevaux je pense même à faire demi-tour pour retourner au Grand Saint-Bernard mais en regardant vers le haut je vois que Flo et Jules (qui s’est encore perdu !) ne sont pas si loin et je sais que je pourrai les reprendre dans la descente. De nouveau tous les 3, Jules accélère dans la descente. On ne le reverra qu’à Bourg-Saint-Pierre rapidement et ensuite à l’arrivée. Bourg-Saint-Pierre, gros arrêt avec l’assistance. On n’aura plus d’assistance jusqu’à Lourtier donc pendant environ 6h30. Au départ de ma base de vie, le ciel se charge…on va s’en prendre une…pas loupé! A mi chemin entre Bourg-Saint-Pierre et la cabane de Mille c’est le déluge. On est trempé. Je sais que ça va être problématique au niveau des pieds, j’avais déjà souffert pendant la reco. Cabane de Mille, arrêt salutaire, et après on arrive dans une portion que j’adore : single qui se court presque tout le temps. Ça permet de relancer après 100 km. Flo me donne le rythme ensuite dans la montée à la cabane de Panossière sous un nouvel orage. On ne traîne pas en haut, il fait froid. Flo laisse son cerveau là-haut et je pars bon pied, bon rythme avec lui sur le porte bagage jusqu’à Lourtier. On retrouve Thomas et Manu qui faisaient notre assistance à Fionnay. Ils sont montés en vélo et nous motivent pour la portion de route jusqu’au ravito. On nous annonce 9 et 10 au ravito. J’ai les pieds défoncés mais pas de chaussures ou chaussettes de rechange dans le sac de l’assistance qui a dû venir à pied. On débranche le cerveau. Il reste 12km. On sait que le mur de Lourtier doit se gérer. 700 m/h D+, pas plus vite. On voit le bout. La descente c’est une formalité, il reste 6km. J’annonce les difficultés à Flo, on se booste, sans le vouloir, on rattrape et double la première féminine à 2km de l’arrivée. On est 8 ème. Je le dis à Flo mais à ce moment je pense qu’il m’entendait parler en Thaïlandais. On arrive dans Verbier, on n’a pas rallumé la frontale , c’était l’objectif. On a plus d’une heure d’avance sur ce qu’on avait prévu. On a réussi à courir ensemble du début à la fin avec chacun ses hauts et ses bas mais on s’est tiré vers le haut! Charles est à l’entrée de Verbier. C’est le feu ! On descend plein fer vers la ligne d’arrivée qu’on franchi main dans la main. Tout le monde est là ! Jules est douché 😅. On est tellement content de ce qu’on a fait mais on se promet de ne pas refaire de 100miles de sitôt (on sait que c’est faux on va vite reprendre un dossard !) …..
Thomas Callens – X-Alpine / 8° scratch ex-aequo/ 140k – 9200m+ / 23h15 …Une belle perf !
« Yes ! Finisheuse !!! »
« Coucou ! Me voilà finisher du trail le plus dur que j’ai jamais réalisé !!! C’était très alpin, très exigeant, probablement trop pour moi !! Mais c’était de loin la « balade » la plus grandiose que je n’ai jamais faite 🤩🤩 ! Une performance sportive sans doute pas terrible ( Il n’y a que très peu de monde après moi 😅😅 , mais beaucoup d’abandons ceci dit !) mais je suis très fière d’être finisher parce que c’était vraiment dur !! Je suis allée au bout de moi-même ! Ceci dit, le cadre incroyable fait (vite) oublier les douleurs ! J’ai aussi pris 2 beaux orages mais au moins, je n’ai pas souffert de la chaleur 😅😅 ! »
Elodie Cosnier – 11h54’37’’ – Verbier Marathon

« Alors, heureux ? » THE END…
